Antonin Artaud
Lycée polyvalent
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Témoignage de Nassuriat

2007

Ce voyage au Burkina faso a confirmé mes pensées. Avant d’y aller je ne savais pas à quoi m’attendre, une semaine avant le départ j’étais très soucieuse, je me posais plein de questions. Je me rendais compte que je partais deux semaines dans un pays étranger loin de ma famille pour la première fois, et je ne connaissais pas grand’monde du groupe. Mais ces soucis ont très vite disparu.

On est arrivé la nuit. Le voyage s’est très bien passé et je commençais à bien m’entendre avec les autres. Au réveil, lorsque je suis sortie de la maison pour aller prendre mon petit déjeuner, à mon grand étonnement, tous les gens du quartier étaient déjà réveillés : les mères commençaient à préparer le repas du midi, les petits jouaient, dansaient, chantaient. Les plus vieux étaient assis en cercle comme s’ils se racontaient des histoires. En gros, c’était très mouvementé. Il n’y a pas de goudron, mais de la terre rouge (comme dit Caroline la terre ce n’est pas sale).

Notre première promenade m’a beaucoup plu. Les gens sont très polis, heureux. Ils nous souhaitent « bonne arrivée ». Je me croyais dans « les guignols d’Abidjan », une série très comique qui ne passe pas sur les chaînes françaises. Donc c’est pour cela que rien ne m’a vraiment choquée pendant le voyage. Ce qui m’a un peu ennuyé c’est l’odeur…car de bon matin, sentir l’odeur du poisson frit mélangé avec je ne sais quelle odeur, ce n’est pas terrible terrible !

Les premiers jours, on était à Ouagadougou, la capitale du Burkina (le pays des hommes intègres, en moré). On a visité le musée de la musique, le marché artisanal, la Zaka, un lieu hyper chaleureux où se déroulent des concours de musique. On y a passé une soirée, et, sans vouloir en faire trop, c’était trop bien ! On a aussi fait la rencontre d’une femme exceptionnelle, Mama Kouyaté, qui a créé une école « les enfants de wamdé ». C’est une école artistique pour des enfants orphelins. Elle les loge, les nourrit, les habille, les envoie à l’école et leur permet de faire de merveilleux spectacles. Chez mama Kouyaté, on a fait un stage de percussions avec Djibril, un stage de danse que j’ai vraiment apprécié…une journée entière chez elle, c’était trop trop trop bien (tarpin dégaine).

Au Burkina Faso, ils conduisent très mal. Je me demande même s’ils passent leur permis de conduire. Je dis ça parce qu’ils ne respectent même pas les limites de vitesse. Ils grillent les feux. Celui qui conduit le plus vite a la priorité. On monte à cinq dans les taxis (ce qui est très marrant). Le moyen de transport le plus fréquent est la mobylette et la bicyclette. La voiture est très rare. Seuls les taxis qu’on remarque bien avec leur couleur vert fluo pomme et jaune ne sont pas rares.

Après quatre jours, on est partis vers Kalembouly, village à une vingtaine de kilomètres de la ville de Siby. Là, on a participé à la remise des prix de l’école primaire du village, on a découvert tous les endroits sacrés et leur histoire, on a fait la rencontre du chef du village et du chef des terres. Le rôle du chef des terres est d’accorder son accord aux personnes qui veulent des terres. La plupart des temps il accepte : la terre va à celui qui veut l’utiliser ! le rôle du chef de village est de faire en sorte que le village n’ait pas de problème, que tout se passe bien, que les gens du village s’entendent bien.

J’aimerais aussi dire que Kalembouly est un village particulier. Car moi je m’attendais à un village comme celui de Kirikou, c’est-à-dire un petit village avec de toutes petites maisons en paille et un grand baobab au milieu, où le chef du village s’assoit, et un peu plus loin un autre baobab avec tous les vieillards autour…et bien non ! Kalembouly ce n’est pas ça, c’est un énorme village où il n’y a pas l’électricité (mais ce n’est pas bien grave), les maisons sont construites comme en ville c’est-à-dire en banco (argile et paille). Il y a une belle mosquée blanche et bleue. Il y a aussi des vaches, des brebis, des cochons, des chiens qui se baladent. C’est un village très calme. Les femmes et les enfants vont au champ très tôt et ne reviennent qu’au coucher du soleil. En gros le village, c’est la vie simple, sans soucis, sans impôts, où l’on est heureux avec le minimum.

Après nous sommes allés à Bobo Dioulasso. On a dormi dans un hôtel. Le gérant de cet hôtel était très sympa. Bobo est la ville de la musique. On a visité la ville, le CIRDES, un centre qui étudie la mouche tsé-tsé qui donne la maladie du sommeil. J’ai pu aller chez un couturier qui m’a fait de très beaux ensembles. Nous sommes aussi allés voir les poissons sacrés. Lors de cette sortie, j’ai eu le plaisir d’admirer un magnifique paysage…on se serait cru dans « le roi lion ». Il y avait même une jolie cascade. C’était magnifique.

Voilà…ce voyage m’aura permis d’ouvrir les yeux sur plusieurs choses.
Tout d’abord sur l’utilisation de l’eau. C’est une richesse très faible à nos yeux mais qui pourtant est très importante. Au village il faut marcher avec un seau sur la tête pour aller chercher l’eau au puits. C’est hyper fatigant et endurant.
Ensuite j’ai été choquée par la différence entre les gens du « Nord » et ceux du « Sud ». Au Sud, ils ont un niveau de vie faible, il y beaucoup d’orphelins abandonnés. Il n’y a pas de pharmacie à chaque coin de rue, ni d’hôpitaux, ni de cliniques. On peut donc voir des inégalités de moyens sanitaires.
Ce qui m’a paru bizarre là-bas, c’est qu’on est ou riche ou pauvre. La classe moyenne n’existe pratiquement pas contrairement à ici.
J’ai eu l’impression aussi que les gens du Burkina croient qu’en France il n’y a que des Blancs, car plusieurs fois on m’ a dit « tu es métisse ». Ils étaient même choqués de savoir que presque toute ma famille est en France. Là-bas ils ne comprennent pas que le vie en France est difficile.

Cependant je garde de ce voyage une très belle image du pays et de Mama Kouyaté. De la simplicité à vivre. Ici nous vivons avec du superflu. Et pourtant là-bas ils sont aussi heureux que nous.

Ce voyage m’a permis de voir que le monde est réellement inégal. Ca m’a ouvert les yeux et m’a permis de me rendre compte de la chance que j’ai. Maintenant je me contente de ce qu’on me donne sans faire beaucoup de caprices (j’essaie). J’ai beaucoup mûri. Ce voyage m’a fait le plus grand bien. J’aimerais maintenant aller dans mon pays d’origine les Comores. Mais si c’était à refaire, je le referais.

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