Antonin Artaud
Lycée général & technologique
MARSEILLE / Tél. 04 91 12 22 50
 

Le projet Djoro-Djoro en côte d’Ivoire

2008

1. PRESENTATION DE DJORO-DJORO

C’est un village de la sous-préfecture de KOUASSI DATEKRO, à l’est de la Côte D’Ivoire.

« DJORO-DJORO » signifie « goutte à goutte » en dialecte Agni.

C’est un village d’environ 3000 habitants créé par le Grand-Père d’une de nos correspondantes (âgée de 60 ans ) :
- Marcelline KOBENA
- 25 BP 1460
- ABDIJAN 25
- TEL 22 47 23 43

Marcelline fait partie des fonctionnaires ivoiriens qui veulent aider au développement de leur village d’origine, où elle va retourner vivre pour sa retraite. La source qui a motivé le choix de son Grand–Père s’est asséchée, la pluviométrie diminuant en Côte d’Ivoire. Mais le Père de Marcelline avait fait faire un puits très profond permettant de distribuer l’eau aux différentes habitations, pendant qu’il était maire du village.

Une mission catholique a été crée à KOUASSI-DATEKRO en 1966.

En septembre 1996 , notre correspondante MARIE – BERNARD BARGEOLLE y a commencé son travail social.


2. MARIE – BERNARD BARGEOLLE

- Sœurs N.D des APÔTRES
- Mission catholique BP 9
- KOUASSI-DATEKRO

Marie –Bernard travaille bénévolement en Afrique depuis 1960.

Le Club Unesco du Lycée ARTAUD de MARSEILLE l’aide depuis 1986.

Elle a été coordinatrice sur place de projets de Partenariat Nord-Sud subventionnés par le Ministère de la Coopération et du Développement français pour le développement du village de Poulo et de sa région, au nord de Ferkessédougou.

Sa formation d’aide familiale ,ses recherches ethnologiques, lui permettent d’animer diverses activités telles que la nutrition, la puériculture, les soins infirmiers, l’alphabétisation, l’espacement des naissances, la couture et la cuisine, le secourisme, activités s’adressant à toutes les femmes, quelle que soit leur religion (musulmane, catholique, protestante,…).

Ces activités sont gérées par l’association AIMER (Aide Intéressant Mères et Enfants en Milieu Rural) qu’elle a créée en 1988 à BOUAKE.

Dans sa nouvelle mission, Marie –Bernard a pris en charge 15 villages, dont DJORO-DJORO dans une région rurale, très pauvre, où il y a un travail énorme à faire auprès des femmes et des enfants.

La femme y est méprisée et y a des conditions de vie très dures.


3. Choix de DJORO-DJORO

Comme avant tout projet, Marie Bernard a fait la tournée des villages pour se présenter au chef du village suivant la coutume, proposer aux villageois de travailler avec eux à des projets de développement.

Si le chef, les anciens et les villageois donnent leur accord, une réunion est organisée afin qu’ils déterminent eux mêmes leurs besoins.

Un projet est alors adopté en fonction de ces besoins.

C’est à Djoro-Djoro que Marie –Bernard a trouvé le plus grand dynamisme.

De plus le village comptait :

- un dispensaire avec un infirmier
- une école primaire avec une jeune et bonne équipe de 6 instituteurs
- un centre culturel construit en 1990 par l’association "Santé et Progrès des Amis de Agni Bona" (région des Agni en Côte d’ Ivoire) utilisé en atelier de couture
- l’aide d’un groupe de femmes de la famille de Marcelline qui a financé les réparations du centre culturel.

Enfin la position de Djoro-Djoro est centrale par rapport à quatre campements et aux villages environnant dépendant de Djoro-Djoro : Yaokro à 2 km, Dginankro à 2 km, Comékroé à 4 km.

De plus des enfants de Diabokro (10 km) et d’autres campements, hors de la juridiction de Djoro-Djoro, y sont scolarisés.

Les habitants des campements et de ces villages viennent au dispensaire et maintenant à la maternité et à la coopérative de Djoro-Djoro.


4. REALISATIONS

4.1. Première année

Contact avec les gens – connaissance de leur vie - évaluation des besoins - enseignement des femmes.

Avec l’aide de la sage femme nommée pour la première fois à Kouassi-Datékro et de deux aides animatrices, Désirée et Yvonne :

- cours de nutrition, de diététique et de cuisine avec les produits du pays
- alimentation et sevrage des bébés
- fabrication de confitures, de biscuits à la poêle et de gâteaux dans des marmites sur braises, de bonbons d’arachide pour vente sur les marchés
- achat d’une balance et de vaisselles avec le bénéfice des ventes
- cours de secourisme, de puériculture, d’espacement des naissances

Avec l’aide du FED (Fond Européen du Développement), formation d’aide soignante à l’hôpital de Kouassi-Datékro, pour chaque village, d’une jeune fille choisie par les villageois, équipée d’une caisse pharmacie et d’une bicyclette pour venir se ravitailler à Djoro-Djoro.

4.2. Projet du village

Avec l’aide du Club Unesco du lycée Artaud de Marseille

4.2.1. Création de la coopérative

Afin que les villageois n’aient plus à aller faire leurs achats à 30 km, à Kouassi-Datékro, une boutique de produits alimentaires de première nécessité, de matériels scolaires (livres, cahiers, crayons …etc), de médicaments a été organisée, d’abord dans la chambre de Joséphine (cousine de Marcelline), puis dans un magasin de deux pièces de stockage, avec banque et rayonnages, construit en 2000 et inauguré en 2001.

L’achat en gros permet de vendre moins cher :

- un livre coûte 1000 FCFA de moins qu’à Kouassi-Datékro
- un bic 75 FCFA au lieu de 100

Un petit bénéfice permet de payer les deux femmes tenant la boutique, Joséphine et Massara, tout en faisant des économies.

Le directeur de l’école a choisi de gérer la boutique alimentaire afin d’éviter d’être sollicité par les quémandeurs, parents, parents d’élèves ou collègues de son école.

Joséphine et Massara gèrent la boutique scolaire et la pharmacie sous la surveillance de l’infirmier et de la sage femme.

Les deux boutiquières ont créé un petit maky avec tables et bancs, pour servir des déjeuners à 6h1/2 du matin avant le départ aux champs, avec les produits du pays (la viande de brousse et les articles achetés à la coopérative). Elles servent café, omelettes, œufs durs, viande, quand il y en a et bouillie d’igname.

Un boulanger de Tanda vient dorénavant livrer tous les deux jours à Djoro-Djoro.

A 10 h Joséphine et Massara préparent le repas de la cantine du Jardin d’Enfants.

4.2.2. Le jardin d’enfants

Simultanément le Centre Culturel délabré est remis en état en 1997 avec la participation des villageois fonctionnaires :

- portes en bois rongées par les termites remplacées par des portes en fer
- fenêtres remplacées par des claustras
- tuiles remplacées par des tôles

L’atelier de couture dans une pièce, les enfants sont accueillis dans la grande salle ronde (voir photos et plans).

Le Club Unesco du lycée Artaud de Marseille a permis de racheter les mobiliers, jouets et matériels didactiques d’un jardin d’enfants privé d’Abdijan, fermé lors du départ de sa directrice française.

Trois jeunes dames sans travail : Aramata et Koukoura (musulmanes) ayant respectivement les niveaux de 3°, de 4° ont suivi une formation de bénévoles par des directrices d’Abdijan. Jeanne(catholique) est formée par ses deux collègues.

L’UNICEF leur offre un stage de 15 jours deux fois par an avec une indemnité de 50000 FCFA.

Chaque enfant paie 100 FCFA par semaine ce qui permet de payer :

- la directrice Aramaka 10000 FCFA/mois
- Koukoura 8000 FCFA/mois
- Jeanne 5000 FCFA/mois

Chaque enfant paie 25 FCFA son repas à la cantine, un verre de lait peut lui être donné chaque semaine.

Beaucoup d’enfants ayant péri avec leurs mères, dans les champs lors du grand incendie de 2001, le projet s’est accéléré, la garderie devenant jardin d’enfants et maternelle.

Ce qui pose le problème de la cantine, les enfants devant manger dehors ou dans la salle où ils salissent tout.

JPEG - 32 ko
JPEG - 4.5 ko
JPEG - 21.8 ko
JPEG - 16.9 ko
JPEG - 27.9 ko
JPEG - 27.3 ko
JPEG - 22.6 ko

4.2.3. L’atelier de couture

L’atelier de couture a du déménager chez Marie-Kouassi, formée dans un Foyer de la Femme d’Abdijan et revenue au village à la demande de Marie-Bernard et de Marcelline pour s’occuper des 5 élèves et des 10 machines à coudre (machines données par la Chine).

JPEG - 31.7 ko
JPEG - 17.4 ko
JPEG - 12.5 ko

4.2.4. LeCentre de santé

4.2.4.1. La maternité fait partie de la Santé Publique de Côte d’Ivoire.

Une sage femme, Sylvie, a été nommée, mais tout le matériel et tout le mobilier viennent de l’hôpital de Montaigu de Vendée (région de Marie-Bernard).

Un bâtiment contient 2 dortoirs, un autre, une salle d’accouchement et les toilettes.

Une jeune femme, Mariam (musulmane), y travaille bénévolement depuis 15 ans, capable d’accoucher, de soigner et de faire des piqûres.

4.2.4.2. Le dispensaire

Florent, un infirmier d’état dispose :

- d’une salle de consultation
- de deux chambres
- d’une grand salle d’attente


5. BILAN

Utilisant notre expérience du projet de développement de Poulo, nous avons confié la gestion du projet aux femmes de Djoro-Djoro.

D’abord parce que nous pouvons leur faire confiance.

Ensuite pour prouver que les femmes ne sont pas "bêtes".

Des femmes gèrent les caisses pharmacies et les dépôts de médicaments et ont des bicyclettes comme les hommes.

Des femmes travaillent au village
- les boutiquières
- les maitresses du jardin d’enfants
- la directrice de l’atelier de couture
- la sage-femme et l’aide-soignante

Le bureau qui gère tous ces projets est essentiellement féminin : c’est le bureau de l’association AIMER.

Il comprend :
- une présidente
- une vice-présidente
- une trésorière
- une vice-trésorière
- deux secrétaires
- deux commissaires aux comptes
- huit membres adjoints dont : Marie-Kouassi, la directrice de l’atelier de couture, Joséphine et Massana les boutiquières, Aramaka, Koukoura et Jeanne les maitresses du jardin d’enfants et de la maternelle, le directeur de l’école primaire Jean Bédel, le catéchèse chargé des achats des matériels scolaires à la procure des Missions à Abdijan, où les prix sont plus avantageux.

La présidente est Marcelline. La trésorière adjointe Marie-Bernard.

Les bénéfices de la coopérative, placés à la caisse d’épargne, sont de

- 1350000 FCFA pour la boutique d’alimentation

- 2000000 FCFA pour la boutique scolaire.

Devant le succès du projet, les hommes sont maintenant fiers de leurs femmes.


6. PROJETS

6.1. Agrandissement de la boutique
avec les bénéfices de la coopérative, les deux salles actuelles étant utilisées en salle de stockage, trois autres salles étant construites :

- une pour l’alimentation
- l’autre pour la pharmacie
- la dernière pour le matériel scolaire.

Les bénéfices à venir permettraient, entre autre, de payer l’aide soignante et d’augmenter les salaires des deux institutrices qui n’atteignent pas 10000FCFA.

6.2. Le foyer de la femme
comprenant :
- un bureau de gestion pour l’association AIMER
- un atelier de couture construit avec les bénéfices de la Coopérative : un hangar (ou apathame) pour travailler à l’air, adjacent à une salle fermée avec une porte de fer pour ranger le matériel suffirait. On peut aussi envisager d’occuper partiellement l’ancien dispensaire.

6.3. Le centre de la petite enfance

Sur le grand terrain qui leur a été donné, le bureau de gestion AIMER voudrait construire deux autres bâtiments similaires à l’ancien Centre Culturel (voir plan et photo 4.2.2), ainsi qu’une cantine, des douches et des toilettes.

Les trois bâtiments permettraient ainsi de séparer les deux sections de maternelle du jardin d’enfants (voir plan suivant).

Les constructions se feraient en géobéton (briques de terres cimentées entre elles) sur fondation et dalle de béton. Les toits en tôles (pour éviter l’inflammation lors d’incendies tels que celui de 2001) seraient sur charpente afin de laisser passer l’air entre les murs et le toit, qui déborderait au delà des murs afin de les protéger des intempéries.
Les salles rondes comporteraient, suivant le modèle de bâtiment actuel (4.2.2), de grands claustrats. Les portes seraient métalliques. La cantine sera un grand apathame rectangulaire ou ovale, avec tables et bancs en ciment, solidaires du sol. C’est un préau sur dalle de béton, entouré d’une murette avec toit de tôle posé sur une charpente montée sur piliers. Les WC seront des WC à la turque en porcelaines (300 FCFA) en puits perdu sur fosse sceptique. Les deux douches comporteront une table à langer en ciment, avec cuvette à trou d’écoulement vers la fosse d’égout.

JPEG - 22.3 ko
JPEG - 35.3 ko

6.4. L’école primaire

L’école reçoit une quantité de produits alimentaires insuffisante de la sous-préfecture. Cette dotation est gérée par un maître et non par le directeur.

Les parents donnent des ignames et paient 25 FCFA pour payer les condiments et la cuisinière.

Les fournitures scolaires sont achetées à la Coopérative du village.

Il y a 6 maîtres logés par le village, dans des maisons qui ont été construites quand le père de Marcelline était maire.

Le projet est de rénover les 6 classes et de compléter son mobilier.

Les six classes de l’école primaire de Djoro Djoro (CP1, CP2, CE1, CE2, CM1, CM2). Les instituteurs apprécient la formation donnée en maternelle quand les enfants arrivent en CP.

JPEG - 27.7 ko
JPEG - 14.7 ko
JPEG - 15.7 ko
JPEG - 12.9 ko
JPEG - 13.9 ko
JPEG - 13.2 ko
JPEG - 13 ko

6.5. Le centre de santé

On veut créer un Centre Culturel au nord du village comprenant :

- l’école
- le centre de la petite enfance
- le foyer de la femme
- le futur collège

On veut créer un Centre de Santé au sud du village, où on a déjà commencé à construire un nouveau dispensaire près de la maternité.

L’ancien dispensaire sera récupéré pour le bureau de l’école et pourra loger éventuellement le foyer de la femme, pour être intégré au Centre Culturel.

6.6. Equipement de la ville

- en électricité : le réseau électrique est installé, mais n’est pas encore alimenté
- en eau : par un futur château d’eau qui nécessite l’électricité et sera financé en partie par les villageois, par l’état et par les amis de Nantes de Marie-Bernard.

JPEG - 37.3 ko
Représentation schématique de Djoro-Djoro
 
Lycée général & technologique Antonin Artaud – 25 Chemin Notre-Dame de Consolation - 13013 MARSEILLE / Tél. 04 91 12 22 50 – Responsable de publication : Jean-Marc GINER
Dernière mise à jour : vendredi 15 septembre 2017 – Tous droits réservés © 2008-2017, Académie d'Aix-Marseille